Mathias Dandois 05

Le BMX Flatland est une discipline urbaine dérivée du BMX Freestyle qui se pratique généralement sur un sol plat, sans rampe ni artifice. Elle consiste à enchaîner un maximum de phases (tricks) sans poser le pied à terre, suivant une recherche constante de style. Pour de nombreux riders, il s'agit d'un art tout autant que d'un sport.

Le Flatland se pratique sur un vélo adapté : un cadre dont le centre de gravité est rabaissé (roues de faible diamètre), équipé de pegs (pattes métalliques situés sur les axes de roue sur lesquels le rider s'appuie pour réaliser ses tricks), parfois d'un système de rétro-pédalage et de freins de type Gyro qui permettent au guidon de tourner à l'infini sans être gêné par la présence de câbles.

Sur cette étrange monture, le rider s'autorise tout. En suspension autour du cadre qu'il manipule au gré de son inspiration, il évolue en équilibre sur tout ce que le vélo compte d'appuis : les pegs, le cadre ou les roues, plus rarement la selle. A faible vitesse -voire à l'arrêt - il enchaîne les tricks, roule en arrière ou grimpe sur ses roues, combinant à l'infini différentes positions du corps, des roues et du cadre en une chorégraphie silencieuse. Dans ces instants d'apesanteur ou seuls résonnent le crissement des pneus et la morsure des freins, il semble à la fois danseur, équilibriste et acrobate.

Parmi les sports extrêmes, le BMX Flatland occupe une place à part. Ici, ce ne sont pas les capacités physiques qui priment mais l'inspiration, la recherche de style et l'originalité. En mutation constante, le Flatland évolue ainsi, à l'instar du skateboard ou du breakdance, à travers les innovations des riders qui rivalisent de créativité, de technique et de style -parfois même de folie- pour insérer des tricks toujours plus complexes dans des enchaînements toujours plus fluides.

C'est de cette manière qu'est né le Flatland dans les années 80. Alors que le BMX est encore un sport de Racing, une poignée de têtes brûlées (Bob Haro et son BMX Action Trick Team, notamment) se tourne progressivement vers le freestyle en inventant les premiers tricks. Tandis que les constructeurs adaptent les vélos à ces nouveaux usages, les freestylers quittent peu à peu les rampes et les skateparks pour s'installer sur des parkings où ils repoussent encore leurs limites, transportant le développement des tricks vers des sommets de créativité : le Flatland (terrain plat, en anglais) est né. En une dizaine d'années, les riders auront ainsi transformé une course de vélo-cross en un art acrobatique, aérien et spectaculaire.

Demeuré longtemps underground, le Flatland est apparu aux yeux du grand public à travers différents contest (ou jams) organisés aux États-Unis, avant d'intégrer les X-Games, sorte de Jeux Olympiques des sports extrêmes (skate, freestyle moto, snowboard...). Organisée de manière indépendante, la communauté des riders se retrouve aujourd'hui autour d'événements comme le Circle Cow ou les BMX Masters, ainsi que des jams organisés à travers le monde entier.

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