Depuis la scène du festival international de Jazz à la Villette jusqu'aux clubs mythiques de Saint-Germain-des-Près, le jazz est partout à Paris. Une ville sur mesure pour le Red Bull Flat Jazz.
Que l'on se promène au Parc Floral ou du côté de la Villette, qui reçoivent chaque été les plus grands jazzmen, ou que l'on termine la nuit au Baiser Salé, au New Morning ou au Sunside, des clubs mythiques installés au cœur de la ville, Paris respire le jazz. La capitale française est en effet devenue une plaque tournante dans l'histoire du jazz, non seulement parce qu'elle a accueilli depuis les années 20 les plus grands musiciens américains, mais aussi parce qu'elle a su apporter sa pièce à l'édifice en produisant elle-même un style, envoyant à travers le monde des générations de jazzmen « à la française ».
Le jazz s'est installé à Paris dès la fin de la première guerre mondiale. Dans le sillage des troupes américaines, Paris s'éprend de cette musique nouvelle, dynamique et sexy, et invite à tour de bras les héros du piano noir. Séduits par l'émulation artistique de la ville, jazzmen et artistes de Broadway débarquent en masse dès 1920. Durant ces années folles, clubs de jazz et cabarets poussent comme des champignons à Montmartre ou à Pigalle, et dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, sur la rive gauche, où le piano de Duke Ellington répond à l'agitation artistique et littéraire. Dès les années 50, ce sont les pointures Sidney Bechet, Bud Powell ou le batteur Louis Mitchell qui s'y installent, avant que le génial Miles Davis n'y fasse résonner sa trompette, enthousiasmant l'écrivain et grand amateur de jazz Boris Vian. Au tournant des années 60, Paris continue d'accueillir de nombreux jazzmen, parmi lesquels Art Blakey ou encore Duke Ellington, qui y séjourne le temps de donner une série de concerts mythiques en 1963. Mais déjà, le jazz français est une réalité : depuis les années 30, le fabuleux guitariste Django Reinhardt à propulsé son jazz manouche et les créations de son Quintette du Hot Club de France sur les scènes du monde entier. On se presse pour le voir jouer au Caveau de la Huchette mais il exporte désormais son style partout, point de départ d'un développement exceptionnel du jazz français.
Désormais, la France possède son style de jazz et Paris en est le cœur : si Jean-Luc Ponty, Michel Pettrucciani ou Michel Legrand font entendre ce son aux quatre coins du monde durant les années 70 et 80, une nouvelle garde va repousser encore plus loin encore les limites. Sous l'impulsion de Didier Lockwood, puis de Julien Loureau et de son Groove Gang, le jazz français devient une musique sauvage, racée, stylisée. Erik Truffaz ou Cosmic Connection en décuplent l'énergie en la croisant avec le rock, la musique indienne, la drum'n'bass ou le hip-hop. Classique ou décérébré, le jazz est désormais partout à Paris, et le nombre de festivals qui lui sont consacrés témoigne de sa vivacité. Héritage classique ou musique d'avant garde, clubs confidentiels ou concerts gratuits en plein air, jazz-musette ou free jazz, Paris est incontestablement l'une des capitales internationales du jazz.
Jazz à Paris !