Guitariste dont la renommée n'est plus à faire (Malia, Yael Naim...), Julien Feltin est guitariste des Vautours, le power-trio de jazz expérimental qui s’est lancé dans l’aventure du Red Bull Flat Jazz.
En tant que musicien, quelle est ton approche du BMX Flat ?
Pour être honnête, je n'y connaissais pas grand-chose avant de participer à ce projet ! J’avais vu des types faire des sauts, des choses assez incroyables, j’avais également vu un peu de Flat, mais je ne suis pas expert. Par contre, j’ai été immédiatement emballé par le projet car c'est un défi qui colle parfaitement à ce que nous recherchons avec Patrice (contrebasse) et Marc (batterie). Le Flat est une discipline très artistique qui rejoint le jazz sur un terrain symbolique : comme le jazz, c'est un jeu d’improvisateur. Et tel que nous le pratiquons, c'est aussi un truc un peu fou, un peu tête brûlée.
Les Vautours ne sont effectivement pas un groupe de jazz au sens traditionnel...
C’est vrai, nous sommes aussi très rock, ce qui a d’ailleurs donné lieu à de longues discussions avec les organisateurs et les riders qui, au début, avaient un a-priori un peu statique du jazz. On ne peut pas leur en tenir rigueur, parce que ça tient à l’image de cette musique : quand on dit « jazz », on pense tout de suite à des types en costard qui jouent quelque chose de très délicat, de très retenu, on a rapidement l’image de la musique d’ascenseur. Mais depuis quelques années, le jazz est passé à un autre stade. On ne l’appelle d’ailleurs plus vraiment « jazz », mais plutôt « musique improvisée ».
Tout d’un coup, ça colle mieux avec le BMX...
Notre musique est une sorte de digestion de toutes les cultures musicales dont nous sommes proches, sous une forme très libre. Nous jouons donc aussi bien des trucs très funky, que du disco, du rock, du punk, du jazz. Marc, le batteur, qui a joué avec Erik Truffaz a une belle aura dans le monde du jazz, mais sa musique est aussi très axée sur d'autres univers, comme par exemple la drum'n'bass. Si le contrebassiste, Patrice, jouait de la basse, on serait d'ailleurs assimilable à un power-trio rock classique de type guitare-basse-batterie. Mais c'est cet instrument qui nous rattache à une ambiance jazz, c'est ce qui fait l'originalité de notre son.
Musicalement, comment avez-vous abordé cette rencontre avec les riders ?
Nous avons essayé de définir des ambiances, de grands mouvement qui forment une ossature générale : un truc planant, puis un passage un peu plus rock, puis quelque chose de plus saccadé… La timeline ne peut pas être millimétrée à la seconde près, car on risquerait de s’y perdre. Nous avons donc opté pour des plages de cinq ou dix minutes qui permettent d’installer des ambiances sur lesquelles les riders évoluent et composent librement, tout en étant capturés par l’ambiance. C'est un peu comme si on les nourrissait d’inspirations diverses selon le moment, le tempo, le style. En retour, nous restons très attentifs à leurs évolutions sur la piste.
Red Bull Flat Jazz : entretien avec Julien Feltin, guitariste des Vautours