Red Bull Thre3style

Red Bull Thre3style : Interview du juge Arnaud Fraisse

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Journaliste musique depuis plus de 15 ans, Arnaud Fraisse a développé une connaissance sur le milieu du DJing plutôt aigüe. Il nous fait l’honneur d’être juge sur les étapes françaises du Red Bull Thre3Style, et de répondre, pour le coup, à quelques questions sur son parcours, et sa vision du DJing.

Hello Arnaud, tu es aujourd’hui journaliste pour Canal Street, quel a été ton parcours dans l’univers des medias?
Bonjour ! Ouh là... Bah disons que j'ai démarré il y a un petit moment (en 1993...) dans un magazine qui s'appelait Black News, j'ai enchaîné avec Power, un magazine de culture urbaines que j'ai aidé à créer. J'ai participé au 3 premiers numéros de Radikal avant de rejoindre RER. La plus grosse partie de mon travail jusqu'à maintenant, c'était au magazine Groove que j'ai intégré en 1997 et développé pendant 10 ans (rédacteur-en-chef et responsable du pôle musiques urbaines) et quitté avant son dernier rachat en 2007.
J'ai ensuite travaillé pour Keyboards Home studio en tant que Rédacteur-en-chef musique (et à la refonte du magazine) et je m'occupais aussi de la partie DJ style consacrée au matériel et à la technique des DJ. Un passage intéressant qui m'a permis de travailler sur un spectre de musiques plus ouvert.
Je suis enfin arrivé à CANAL STREET via la société de production Générations Développement en tant que rédacteur-en-chef pour cette société sur le site et l'émission que nous avons créée la saison passée. Ce qui correspond parfaitement à mes attentes : musiques urbaines avec un socle hip hop très fort, du web et de la production audio-visuelle.

Ton parcours est donc complètement lié à la musique, pourquoi être autant attaché à ce milieu et au DJing en particulier ?
J'ai toujours eu une admiration totale pour les DJs. Ces mecs me fascinent. C'est à la fois le côté musical et le côté geek qui me plait. Je crois que j'ai versé une larme dans le film Scratch, lorsque DJ Shadow descend dans une véritable grotte de vinyles.
On avait sorti un hors-série DJ à l'époque de Groove, j'ai rédigé un préface de 15 page sur un livre intitulé Scratch Graphique et lors de mes deux ans à Keyboards Recording, je suis allé encore plus loin dans mon approche en me penchant sur les techniques et l'évolution du matériel.
Je suis moi-même un assez mauvais DJ occasionnel, l'avantage c'est que ça me permet de comprendre ce qu'il faut pour en être un bon...

Quel style apprécies-tu plus particulièrement ?
Je viens du hip hop et j'y reste attaché ; je ne pense pas faire partie d'une vague nostalgique et passéiste même si je suis conscient que nous ne sommes plus dans une phase de bouillonnement créatif ou de courant émergeant. C'est une musique populaire aujourd'hui, faut faire avec.
J'aime également l'electro décomplexée et efficace, le son de Baltimore par exemple, la Booty, les remix d'A-Trak, Don Rimini...
Et puis certains morceaux pop 80's assez synthétiques sont un peu mes madeleines de Proust comme le « Crockett's Theme » de Jan Hammer ou le plus cramé « Sweet Dreams » d'Euryhtmics. Et je trouve qu'ils se fondent dans le paysage sonore actuel, notamment celui des clubs.

null Cyril Charbit

Quels sont les DJs qui t’ont marqué et ceux qui continuent à te faire tenir toute une nuit sans problème ?
Hahaha ! Est-ce que je peux encore tenir toute une nuit ? Ca reste à confirmer... Je vais évidemment revenir sur A-Trak qui a su passer du turntablism à la soirée avec brio en mélangeant les genres. J'aime aussi DJ Pone, DJ Mehdi ou DJ Jazzy Jeff dans un registre plus traditionnel hip hop. L'équipe Poyz and Pirlz me fait kiffer aussi notamment DJ Gero. Tous ces DJ sont des brutes de technique, on le sait, et pourtant le plus important pour eux c'est de retourner un dancefloor. Ils ne confondent pas démonstration et prestation.
Je ne vais pas nier non plus que j'ai toujours trouvé les sets de Cut Killer efficaces et que l'approche d'un Mick Boogie fonctionne bien.

En tant que juge, qu’attends-tu des DJs participants ?
J'attends forcément d'être surpris. J'attends qu'ils ne s'occupent pas du jury mais surtout du public. Je suis curieux de voir leur écoute et réactivité face au public et surtout leur interprétation du principe du concours. Quels sont les 3 styles qu'ils choisiront, comment vont-ils les exprimer.
J'attends aussi de la technique et de la précision et que chacun aille au bout de son idée et ses intentions.

Sur quels points seras-tu impardonnable ?!!
Sur la technique.... disons de gros accrocs mais je vais surtout surveiller l'interaction avec le public je pense. Je crois que le temps des DJs nombrilistes est révolu. Je veux voir et entendre des DJs de 2010. Sinon je sais que tous les goûts sont dans la nature mais j'espère ne pas entendre de grosses fautes de goût.

Un conseil peut-être pour les participants ?
Je dirais que la technique n'est qu'un outil qui sert la créativité. Je pense qu'il faut oser de plus en plus et surprendre. Et si possible, nous faire sourire.

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