À un peu plus d’un mois du début du Dakar à Buenos Aires, Cyril Desprès termine sa préparation : un travail de longue haleine débuté au mois de septembre dernier, où le physique du triple vainqueur de l’épreuve est tout aussi important que la mécanique de son bolide. Explications.
«Quand je suis arrivé sur la ligne de départ de mon premier Dakar en 2000, j'étais déjà épuisé ! Je travaillais à plein temps comme mécanicien dans un magasin de moto à Paris et je préparais ma XR400 durant mes heures libres. Comme ma moto de rallye n'était pas vraiment ‘ready to race’ cela m’a pris de très nombreuses soirées à faire la mécanique. Quand je ne travaillais pas trop tard le soir, j’essayais de trouver du temps pour faire un peu de sport, mais aussi pour récolter des fonds en vendant des coffrets de bouteilles de vin pour payer ma première grande aventure. A ma grande surprise mon Dakar s’est déroulé nettement mieux que prévu et par conséquent BMW m'a proposé un contrat officiel pour le Dakar 2001. La partie financière correspondait à peu près à ce que je gagnais à l’atelier, mais je n'étais pas trop inquiet - au moins je n'avais plus à courir partout pour tout organiser, enfin c’est ce que je pensais…
Car de nouvelles activités sont apparues, la préparation physique, les sponsors, les medias, etc… et pour m’aligner à nouveau sur la ligne de départ, c’était le rush. Douze ans plus tard il y a toujours plus de choses à préparer et s’occuper, mais pour la première fois cette année je suis bien dans les temps.
Le secret est de commencer tôt. En réalité, un rallye comme le Dakar commence à se préparer le lendemain de l’arrivée, mais pour moi les choses deviennent vraiment sérieuses dès le 1er septembre. Cette date marque la fin de la période estivale, tout le monde est de retour au travail et moi aussi je commence la grosse partie du travail.
Un des aspects qui prend le plus de temps dans ma préparation c’est l’entraînement physique. Vous ne pouvez pas être à 100% toute l'année, mais je suis le programme de training élaboré avec mon entraîneur argentin ici en Andorre. Je construis progressivement l'intensité de mes entrainements pour atteindre mon pic de forme pendant que vous préparez votre repas de Noël !
Beaucoup de temps est consacré à la gym, mais aussi à la natation et au cyclisme, autant sur un vélo statique que sur route. Au total je consacre environ 20 heures par semaine à l'exercice physique. Je fais aussi des visites régulières dans un centre médical du sport à Perpignan, Pré-sport, où je suis suivi par un médecin et une physiothérapeute. De plus, une fois par an je passe une semaine au centre de diagnostic et training de Red Bull en Autriche. Super hi-tech, comme sorti d'un film de James Bond et, comme vous vous en doutez, ils savent vraiment ce qu'ils font. A 37 ans selon eux, je suis actuellement plus en forme que je l'étais il y a deux ans. Quand vous passez autant de temps à vous entrainer, c'est le genre de résultat qui vous rend très, très heureux !».
Cyril
Dakar : La préparation selon Cyril Desprès