Comme à la maison.
L’Enduro, Olivier Lienard est tombé dedans tout petit. Passionné de sports mécaniques, les dunes et la plage du Touquet sont vite devenues sont terrain de jeu des qu’il a eu sa 1ère moto... Des heures et des heures à s’entrainer avec ses copains et se prendre pour Kees Van Der Ven, 6 fois vainqueur de l’épreuve consécutivement, un record toujours inégalé. Alors forcément à 18 ans, le permis en poche il participe enfin à son 1ère Enduro, c’était il y a 24 ans. Aujourd’hui il en a disputé 15, terminant régulièrement dans les 50 premiers avec en 2006 son meilleur résultat une 42ème place : « c’était la dernière année où nous roulions dans les dunes, c’est un souvenir incroyable et l’épreuve ou j’ai eu le plus d’émotion ...».
Car pour les puristes, les fans de la première heure, l’Enduro c’est avant tout les dunes et le goulée d’étranglement où près de 1000 motos éparpillées sur une large plage devaient emprunter un tout petit couloir qui provoquait à chaque fois un embouteillage digne des plus grandes capitales à l’heure des sorties de bureau : « lors de mon 1er Enduro, je suis arrivé au goulée dans les derniers. Alors quand j’ai vu tous ces pilotes bloqués, je me suis cru plus malin que les autres en voulant passer sur le côté, et forcément la pente était trop raide, je suis tombé avec je ne sais plus combien de roulé boulé et j’ai du mettre au moins 20 minutes à redémarrer ma moto ».
© Flavien Duhamel/Red Bull Media House
Une course technique, pas une épreuve de vitesse
Aujourd’hui il regrette cette époque où la technique de pilotage faisait la différence, où à chaque tour il fallait s’adapter au terrain qui se dégradait au fur et à mesure des passages. Olivier n’a pas aimé cette période où la vitesse était la clé pour la victoire et se réjouit de voir que le tracé redevient de plus en plus technique car pour Olivier « L’Enduro c’est le graal pour un gamin du coin, toutes les autres courses que l’on faisait c’était pour préparer le Touquet. Savoir gérer ses freinages, avoir la bonne trajectoire qui changé au fur et à mesure des tours, c’était ça la course passer le plus proprement à 50 km/h et non tiré des lignes droites à 140 km/h »
Il y a 5 ans, il reprend l’Hôtel des Sables d’Or à Stella Plage et chaque année il accueille des pilotes, c’est désormais une autre manière pour lui de participer à cet événement : « je participe à leur briefing, le soir, il me demande des conseils alors que je ne suis qu’un simple amateur mais comme j’habite ici ça aide. Ils sont en confiance, on parle le même langage, je les comprends car ce qu’ils vivent je l’ai vécu même si c’était à un autre niveau. Je suis aussi devenu pour certain leur nounou, toujours là pour leur rendre de petits services et je commence à avoir mes habitués, un peu comme si ils venaient passés un week end en famille. »
Passe moi la clé de 12
Car là est la force de notre hôtelier, créer une ambiance et aider ses « invités » à préparer leur course dans les meilleures conditions. C’est d’ailleurs pour ça qu’il met à disposition son garage, pour les derniers réglages. Et là aussi les anecdotes sont nombreuses. « Il y a quelques années Cyril Despres est venu avec KTM. Il était en train de préparer sa moto juste à côté de la mienne et là imagines, tu prends soudain conscience que le type juste à côté de toi vient de gagner le Dakar quelques semaines plutôt et là il est dans ton garage et on prépare nos machines ensemble et tu lui demandes si il peut te prêter sa clé de 12… C’était un moment complétement irréel ».
Cette année, trop de travail, Olivier ne prend pas le départ mais il se pourrait bien qu’il vive son 1er podium par procuration puisque d’après la rumeur l’un de ses hôtes, Damien Prevot fait parti des favoris.
Enduropale : un hôtelier dans la course