Le nom d’Antoine Montant est devenu, en l’espace de quelques années, la référence mondiale en parapente acrobatique et en speed riding. Depuis son premier titre de champion de France de voltige en 2006, Antoine a accumulé une telle collection de titres nationaux et internationaux que son pilotage et son sens de la glisse laissent planer l’ombre du prodige.
Issu d’une famille de sportifs, il grandit en pleine nature entre le bassin lémanique et les Alpes et goûte dès son plus jeune âge aux différentes activités de plein air que lui procure un tel espace de liberté. Initié au ski dès ses premiers pas, Antoine a tout juste 9 ans quand son grand frère Valéry – spécialiste du vol libre et précurseur du speed riding disparu dans un accident de montagne en 2006 - lui fait découvrir le parapente. Il est mordu par le virus d’Icare et va rapidement devenir un pilote chevronné. Une fois ses monitorats de ski et de parapente en poche, son amour de la montagne et sa quête de sensation vont l’amener à progresser continuellement dans ces deux disciplines.
Parapente acro : l’éveil d’un virtuose
En 2002, il entre dans le grand bain de la compétition en participant à l’Acrolac, une manche du championnat du monde de parapente acrobatique disputée au dessus du lac du Bourget. “Cela faisait une dizaine d’année que je pratiquais, ce qui m’avait permis d’acquérir un bon niveau. J’ai donc voulu me comparer aux professionnels de la discipline. J’ai réalisé que je n’étais pas loin et je me suis dès lors impliqué dans la voltige”. Son investissement va rapidement s’avérer fructueux. Dès 2004 il fait son entrée dans le gotha mondial en commençant sa moisson de première place en championnat du monde. Il devient champion de France d’acrobatie en 2006, l’un des circuits les plus relevé de la planète, et réitère en 2007 et 2008, devenant l’homme à battre dans les enchainements de figures aériennes. Son talent fait également des ravages au niveau mondial avec un titre de vice-champion du monde en 2006 et une seconde place aux World Air Games 2009. Il bat en outre le record d’infinity tumbling – manœuvre qui consiste à passer au dessus de son aile à plusieurs reprises en 2007 avec 120 tours. Si ce record est tombé depuis, Antoine Montant ne s’est pas focalisé sur le Guiness Book, préférant associer son savoir-faire aérien à son autre passion : le ski.
Speed riding : l’union des passions
Le speed riding c’est une histoire de famille chez les Montant. Son grand frère Valéry fut le premier à entrevoir les possibilités de la réduction de voilure pour dynamiser le parapente, le rapprochant ainsi de son géniteur, le parachutisme. Aujourd’hui, skis aux pieds, le speed riding est devenu la fusion parfaite entre ski, parapente et parachutisme et permet de descendre des faces insensées à des vitesses vertigineuses. Antoine, passionné de ski et de montagne, s’est naturellement engagé tout feu tout flamme dans cette nouvelle discipline. « Mon frère en faisait beaucoup et je m’y suis mis en 2005. J’ai tout de suite accroché. » Ses talents de pilote et de skieur font le reste. Il enchaîne les premières avec notamment celle de l’Eiger en juin 2006 : les 1800 mètres de l’ogre suisse sont avalés en deux minutes par Antoine et son acolyte François Bon ! Une performance qui demeure l’une des réalisations les plus impressionnantes de ce sport. Depuis, Antoine collectionne les premières du massif du Mont Blanc avec les faces nord des Courtes, de l’aiguille du Plan ou de l’aiguille du Midi. Il accumule également les victoires en compétition avec, entres autres, deux victoires consécutives à la Speed Pro des Arcs en 2008 et 2009. Son engouement pour le speed riding est tel qu’il avoue désormais avoir un petit faible pour cette discipline : « Mon cœur balance plus pour le speed car ça touche au ski. Il y a un contact plus direct avec la montagne et les runs sont variés à l'infini. Il y a encore plus de pistes à explorer qu’avec l'acro ! »
La montagne avant tout
Antoine a cependant d’autres cordes à son arc car ce qu’il aime par-dessus tout, c’est être en montagne et gravir des pentes pour les redescendre avec les moyens du bord : ski extrême, base jump ou speed riding. Son talent n’a d’égal que son imagination pour rejoindre les bas de vallées. “J’adore l’alpinisme, mais il faut qu’il y ait une sacrée carotte : un saut en base, du ski ou du speed. En ce sens, je ne suis pas un alpiniste traditionnel, je n’aime pas descendre à pied.” Ses performances en ski de pente sont assez méconnues alors qu’il a de grandes réalisations à son actif. Mais contrairement aux puristes du ski extrême, Antoine est avant tout un inventeur. Ce qu’il aime, c’est trouver des itinéraires improbables et marier les genres. “À l’origine, je suis skieur. Je me suis fais connaitre grâce au parapente acro car il y a plus de place que dans le ski, pourtant je passe 80% de mon hiver à skier pour moi. J'aimerais faire plus d’images et communiquer d’avantage sur cet aspect : le freeride, la pente raide et le mélange avec le speed riding.” Infatigable aventurier, Antoine Montant continue d’explorer le creuset de la haute montagne et d’inventer de nouvelles manières de l’aborder. “Mes projets les plus forts tournent surtout autour de l'hiver. Je suis toujours à la recherche de faces et de lignes extrêmes à réaliser en speed riding et en ski. J'ai quelques idées farfelues, mais j'en parlerai quand ça sera fait.” L’inutile n’a qu’à bien se tenir, il y a un sérieux conquérant scrutant sans cesse le flanc des montagnes.