Richard Permin

 

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Richard Permin – Skieur fusionnel

Généreux dans son ski comme dans la vie, Richard est devenu l’emblème d’une nouvelle génération de glisseurs, des skieurs utilisant l’art de la voltige pour embellir toutes les disciplines du freestyle.
Richard Permin est un skieur libre, un freestyler au plein sens du terme. Lyonnais d’origine, il a décidé à 15 ans que sa vie serait rythmée par les chutes de neige et a quitté le domicile familial pour vivre son rêve. Il a transformé l’obstacle de la distance en force de caractère, s’investissant totalement dans le freestyle à l’âge où d’autres ont déjà de nombreuses années de pratique derrière eux. Déterminé et confiant dans ses capacités, Richard a comblé son retard avec l’enthousiasme et la fougue de ceux qui font chavirer le doute. Il s’est forgé la réputation d’un perfectionniste du style et d’un compétiteur explosif, capable de rivaliser sans aucun embarras avec les meilleurs mondiaux. Aujourd’hui de plus en plus tourné vers la fusion du freestyle et du freeride, il est devenu l’un des leaders du backcountry, cet art du ski libre qui se pratique loin des parks, au cœur de la montagne.
Fils d’un père self-made man, Richard a su très jeune que le travail et la détermination étaient des gages de réussites. Passionné de ski, il s’inscrit en club afin de pouvoir partir skier tous les week-ends à deux heures de route. Et s’il doit s’acquitter de bonnes notes, il met toutes les chances de son côté pour avoir la joie de chausser les planches en fin de semaine. À quinze ans, il décide de devenir moniteur de ski et persuade ses parents de l’inscrire au centre de formation de La Plagne. Volant de ses propres ailes, il découvre les infrastructures freestyle de la station et passe tout son temps libre à jouer avec les reliefs du pipe et des big airs. Il y rencontre des partenaires de ride qui le motivent et l’encouragent pour poursuivre son apprentissage du ski acrobatique. Décomplexé par rapport à des skieurs qui pratiquent le freestyle depuis leurs plus jeunes années, il profite de sa majorité pour consacrer une saison à se faire une place dans le milieu compétitif.


Les prémices d’une ascension irrésistible

“Après ma troisième, je suis parti faire une formation de moniteur au CESNI de la Plagne. À partir du moment où je suis parti de chez moi, mes parents m’ont fait confiance et m’ont soutenus. Bon, ma mère faisait un peu attention à mes sorties, mais dans l’ensemble, j’étais vraiment autonome. Je me suis mis à faire du freestyle quand je n’étais pas en cours, notamment avec des gars comme Arnaud Kugener ou David Lacôte, Ce sont ces deux amis qui m'ont toujours soutenu. C’est aussi à ce moment que j’ai rencontré Julien Régnier, mais on n’était pas encore devenus potes.” Cette immersion dans l’une des stations françaises les plus titrés en ski acrobatique et son adoption au sein d’une famille de skieurs de notoriété mondiale lui ouvre les portes du freestyle. L’année de ses 18 ans, il décide de tenter le tout pour le tout et s’engage corps et âme dans ce sport. “Sylvain Palazio, un mec qui venait des bosses, m’a poussé à aller voir le club des sports de la Plagne et à prendre une saison pour me concentrer sur le freestyle. J’ai donc économisé de l’argent pendant l’été en faisant de la peinture et j’ai skié à fond tout l’hiver avec le club et avec les potes. En 2005, j’ai vu que j’avais des capacités et je suis parti à la Clusaz parce que cela ne se passait plus très bien à la Plagne à cause de mon âge. Le Club de la Clusaz m’a accueilli sans problème et je me suis tout de suite intégré sous le coaching d’Antoine Rachel et de Fabien Cattaneo.”


L’étincelle du Freestyle CH

Le freestyle est une discipline où il est difficile de percer sans passer par la case compétition. Certains riders parviennent à quitter le circuit compétitif grâce à la vidéo, mais les lumières des podiums sont la meilleure garantie pour dénicher des sponsors. Richard, skieur dont l’âge et l’étiquette citadine lui collent aux basques, n’a pas vraiment d’autre choix que de braquer les projecteurs sur ses performances en contest. Et quand la chance de pouvoir intégrer le Freestyle Ch de Zurich - une compétition de renommée mondiale - se présente, il ne la laisse pas filer : “J’ai fait pas mal de compètes au cours de mes deux premières saisons dédiées au freestyle, mais c’était dur de percer sur la scène française. En 2005, j’ai pu intégrer le Freestyle CH grâce à mon sponsor Nike qui a réussi à m’inscrire aux qualifs. Je les ai toutes passées et je suis arrivé en finale où j’ai fait quatrième. C’est un événement qui m’a ouvert beaucoup de portes, dont une invitation au Jon Olsson Invitational et aux X-Games en slopestyle.” Bien qu’il ait mis un pied dans le gotha du freestyle, Richard ne se repose par sur ses lauriers. Enchaînant cinq tournages au cours de l’hiver et de nombreuses compétitions majeures, il poursuit son rythme stakhanoviste comme s’il lui fallait rattraper le temps perdu. La saison 2006 est surtout marquée par sa seconde place au King of Style. Ce contest organisé au cœur de Stokholm est l’un des plus grands rendez-vous annuel et voit s’affronter les plus célèbres freestylers européens et américains. Cette performance consolide son rang de star montante du circuit et l’intronise désormais comme l’un des leaders du freestyle français.


Roi du Style

La consécration de son début de carrière mené tambour battant demeure certainement sa victoire au King of Style 2007. Le lyonnais ne s’embarrasse pas pour se mesurer à des skieurs qui gagnaient déjà les X Games quand il se mettait au freestyle et monte sur la plus haute marche du podium grâce à un switch 720 double tail magnifiquement exécuté. À 22 ans, il réalise un rêve à peine effleuré quelques années plus tôt et peut désormais s’appuyer sur ce résultat pour choisir la trajectoire qui lui correspond le mieux. Peu enclin à s’entraîner continuellement dans les parks, il décide de s’orienter de plus en plus vers le ski au grand large, le ski de poudreuse. Ainsi, quand il se voit proposer une invitation sur le Big Mountain Pro 2008, une compétition qui met aux prises l’élite du freeride, il accepte sans hésitation. Pourtant, se faire poser en haut d’une face vierge par un hélicoptère est loin d’être dans ses habitudes. “C’était la première fois que je me retrouvais dans une compétition typée freeride. Un moment, je me suis demandé ce que je faisais là. C’était super impressionnant.” En dépit de son appréhension, cette expérience se passe bien et il enchaîne dans la foulée son premier trip en Alaska pour les productions Rage Film. Il s’initie aux grandes pentes alaskiennes et aux grosses productions nord-américaines avec l’enthousiasme qui le caractérise. Cette aventure lui vaudra un segment dans la vidéo “Such is Life” et façonne peu à peu son nouveau statut de skieur de freeride et de backcountry. Cette trajectoire est encore confortée par la signature de “Hands Up”, son premier pro-modèle avec la marque CoreUpt. Avec un talon de 115 pour 185 de longueur, ce ski puissant typé poudreuse est l’expression de la vision et de l’ambition de Richard.


Au cœur de la fusion


Armé d’un bagage technique acquis sur les pipes et les big airs du monde entier, doté d’un style d’exception et passionné par le ski libre en montagne, Richard est logiquement devenu en l’espace de deux ans l’un des meilleurs représentant du backcountry. Après avoir démontré toutes ses capacités de skieur de montagne grâce à sa troisième place lors du Big Mountain Pro 2009, il est à nouveau sur le podium du premier Red Bull Linecatcher. Ce contest conceptualisé par Red Bull et Julien Régnier sur le domaine de la Plagne initie un nouveau type de compétition dédiée au backcountry. Troisième derrière deux figures de proue de la discipline, Anthony Boronowsky et JP Auclair, Richard expose au grand jour toute l’étendue de son talent et prend définitivement pied dans cette nouvelle ère du ski freestyle. “Ce qui m’a surtout plu, cette année, c’est le Red Bull Linecatcher. C’était un concept super intéressant et j’espère que notre sport va aller de plus en plus dans ce sens là. Le backcountry c’est la discipline que je préfère car cela mêle vraiment freestyle et freeride, c’est la fusion par excellence.”


L’appel de l’image

Le ski backcountry est un sport d’image. Les images de backcountry sont depuis longtemps privilégiées par les vidéos car elles permettent d’allier les esthétiques du freestyle et de paysages enneigés. Or, c’est dans cette direction que la carrière de Richard semble désormais s’engager. “Aujourd’hui, je crois que je vais faire de plus en plus de backcountry et plus particulièrement des images. J’ai fait beaucoup de compétitions ces trois dernières années. Cette saison, je crois que j’en suis à 14, toutes disciplines confondues : freestyle, backcountry et freeride. Il faut que je lève le pied car sinon je ne fais plus que ça. Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de me consacrer aux images.” Alliant puissance et style, le ski de Richard a toutes les chances d’illuminer la pellicule. Quant aux compétitions de backcountry, de freeride ou de freestyle, sa volonté n’ayant d’égal que son talent, on peut encore s’attendre à de très belles performances dans tous les types de contests.